Category Archives: Contemporain

Roi de Pique | Kate Spears

105486428Lecture en VF

Titre original : Sway

Editions Nathan

Parution le 9 septembre 2015

330 pages

16,90€

 

 

 

Synopsis

Jesse, 17 ans, est le roi du lycée. Besoin d’alcool pour une soirée ? De faire virer un élève ? D’éloigner un beau-père trop collant ? Jesse peut tout arranger. Ses combines sont habiles et il a la manipulation facile. Avec lui, pas de morale, et surtout jamais de sentiments. Mais lorsque Ken, footballeur populaire et notoirement crétin, lui demande de lui arranger un rendez-vous avec une certaine Bridget, une faille apparaît dans son système : Jesse tombe amoureux.
Fou amoureux.

Mon avis

Je ne sais pas pourquoi j’ai pris ce livre! Je sais que parler couverture n’est pas ce qu’il y a de plus pertinent, mais il faut avouer qu’on se demande ce que fait la maison d’édition. Ca ne donne pas du tout envie ! Mais pourtant je l’ai pris quand même. Soit je suis bizarre, soit finalement leur stratégie a fonctionné !

Jesse est un petit truand, il deale tout ce qu’il peut, produits illicites, devoirs scolaires, services en tout genre. Il n’a aucun scrupule à se servir des gens et à manipuler les autres élèves. Il ne se soucie de personne à part lui-même. Quand Ken, le footballer va le payer pour qu’il lui arrange le coup avec Bridget il prend ce boulot comme les autres. Mais voilà Jesse va en tomber amoureux. L’histoire est vue et revue, non sans rappeler le célèbre Cyrano de Bergerac, ici version lycée.

“Dans la vraie vie, la Belle ne tombe pas amoureux de la Bête et ils ne vivent pas heureux jusqu’à la fin des temps. Dans la vraie vie, la Bête dépucelle la Belle avant de lui briser le coeur.”

On est placé du point de vue de Jesse qui est mesquin et manipulateur, une vraie tête à claque. J’ai rarement lu de YA où c’était le cas, on a plutôt le stéréotype du mec parfait, sans défaut. Je me suis demandé comment j’allais faire pour le supporter, mais étrangement je l’ai beaucoup apprécié, j’ai adoré son cynisme et son humour. On se doute que derrière tout ça se cache un enfant encore traumatisé par son passé chaotique, une mère suicidaire et un père alcoolique désintéressé offrent rarement une éducation saine.

“L’amitié, c’est pas trop mon truc. S’attacher aux autres , ça fragilise.”

Sa rencontre avec Bridget va évidemment le changer. Et là merci à l’auteur, car on a enfin un personnage féminin de roman “d’amour” avec du caractère. Ce n’est pas la petite vierge effarouchée que l’on rencontre (trop) souvent. Elle va sans s’en rendre compte faire ressortir le meilleur de lui et le libérer de sa spirale destructrice.

Gravitent autour plusieurs personnages assez intéressants, le frère de Bridget, handicapé qui prend Jesse comme mentor car c’est le seul qui le traite comme quelqu’un de normal. La voisine gothique qui est sa seule amie, et un vieil homme dans une maison de retraite qui lui sert d’alibi pour se rapprocher de Bridget et avec qui il nouera une vraie relation.

“J’ai détesté cette sensation, soudain, de savoir qu’elle détenait désormais un petit bout de moi. Les secrets des autres, ça donne du pouvoir.”

La fin est prévisible, mais j’aurais pas vu ça autrement non plus!

C’est le premier roman de l’auteur et je l’ai trouvé à ce titre assez réussi. L’écriture est légère, moderne, très agréable, j’ai adoré l’humour et les références actuelles. Je serais curieuse de découvrir son prochain roman.

 

Ce que j’aime : l’écriture, le cynisme de Jesse

Ce que j’aime moins : les clichés des lycéens

Ma note : 7/10

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Nous les Menteurs | E. Lockhart

9782070663132Lecture en VF

Titre original : We are liars

Editions Gallimard Jeunesse

Parution le 4 mai 2015

288 pages

14,50€

 

 

 

Synopsis 

Une famille belle et distinguée. L’été. Une île privée. Le grand amour. Une ado brisée. Quatre adolescents à l’amitié indéfectible, les Menteurs. Un accident. Un secret. La vérité.

Mon avis

Je voulais un livre qui se lirait vite et pas trop prise de tête. Il s’est lu très vite, mais pour la prise de tête on repassera!

“Bienvenue dans la famille Sinclair. Chez nous, il n’y a pas de criminels. Pas de drogués. Pas de ratés.”

Le ton est donné des les premières phrases. Les Sinclair sont une riche et prestigieuse famille qui tous les ans se retrouvent sur leur île privée pour y passer l’été (pour ne pas nous perdre l’auteur a glissé l’arbre généalogique au début, indispensable). L’île paradisiaque est le point de ralliement de Cadence l’héroïne, ses cousins germains Mirren et Johnny, et Gat le fils du nouveau copain d’une des tantes. Ce sont eux Les Menteurs. Leurs vacances sont toujours idylliques, sauf celles de l’été de leur quinze ans. Un accident se produit, Cadence est retrouvée sur la plage inconsciente et amnésique. Après une longue période de convalescence elle retourne en vacances 2 ans après pour essayer de comprendre ce qui s’est passé.

“J’ai tournoyé violemment dans le ciel, folle de rage, j’ai cogné les étoiles pour les décrocher, titubante et le coeur au bord des lèvres.”

Je me suis d’emblée attaché à Cadence et à cette bande de menteurs. Leurs étés c’étaient un peu les miens avec mes cousins chaque année. L’île privée et les millions en moins! Les personnages sont jeunes, pétillants, drôles. Mais tout était trop beau pour être parfait. Pas besoin de gratter trop fort la dorure pour se rendre compte que derrière les sourires et les têtes blondes se cachent secrets, et rancoeurs. Le grand-père, Harris règne en despote sur la famille , ses trois filles se disputent sans vergogne l’héritage, et au milieu Cadence l’aîné des petits enfants est l’espoir de cet empire. Mais elle, réfute en bloc son monde, pose un regard assez critique sur sa famille surtout depuis son accident où des migraines atroces la contraint à rester alitée et que sa mère la force à paraitre parfaite. Dans leur monde parfait la moindre faiblesse doit être soignée, cachée, éradiquée.

” Sois normale. Immédiatement. Parce que tu l’es. Parce que tu peux l’être.”

Elle m’a beaucoup touchée dans son désir d’émancipation et ses petites rebellions, comme la teinte de ses cheveux blonds en noirs, en choisissant Gat qui est le contraire de ce que sa famille considère comme un bon parti. Heureusement l’auteur n’en fait pas trop et ne tombe pas dans le cliché de “la pauvre petite fille riche qui se plaint”. J’ajoute que son livre préférée est “Ma soeur est une sorcière” de Diana Wynne Jones que j’avais lu juste avant et que j’avais adoré, il ne m’en fallait pas plus ^^

“Cette île nous appartient. Ici, d’une certaine manière, nous resterons éternellement jeunes.”

L’écriture est belle, poétique, aérée, tout le contraire du ton et de l’ambiance. C’est pesant tout le long, on navigue entre les bribes souvenirs du dernier été de l’héroïne et le présent où personne ne veut lui expliquer ce qui lui est arrivé, avec ce sentiment poisseux que cela va mal se finir. On tâtonne avec elle, on souffre avec elle, on devient même parano. On enchaine les pages on veut savoir ce qui s’est passé, on sent la chose terrible qui se prépare. Je me suis imaginé une dizaine de scénarios possibles, dont un où j’étais sûre de moi, et du coup la fin m’a bluffé et bouleversée. Je me suis complètement laissé prendre au jeu de l’écrivain, j’étais loin de penser à ça. Ce qui a je pense fortement influencé mon coup de coeur pour ce livre. Et je pense qu’il restera longtemps dans ma mémoire.

 

Ce que j’aime : la plume, l’ambiance, le scénario

Ce que j’aime moins : je cherche

Ma note : 10/10

 

 ♡♡♡     Coup de coeur   ♡♡♡

 

 

 

 

 

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Ce Qui Nous Lie | Samantha Bailly

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Editions Milady

Parution le 18 avril 2013

281 pages

15,20€

 

 

 

 

Synopsis

Alice a un don. Les liens entre les individus lui apparaissent sous forme de fils lumineux. Un phénomène inexplicable qu’elle a appris à dissimuler… et à utiliser pour démasquer les hommes infidèles et venger les femmes trompées. Mais au fond, Alice aspire à retrouver une vie « normale », celle du bureau, des collègues et des relations simples. Son nouveau job dans un cabinet de recrutement semble lui offrir tout cela, et plus encore.
Parmi les personnalités variées qui cohabitent dans l’open space, elle rencontre Raphaël, chasseur de têtes et de coeurs, un homme inaccessible qui ne la laisse pas indifférente. Le seul dont Alice n’arrive pas à percevoir les liens..

Mon avis

Mon premier livre de Samantha Bailly, ça faisait très longtemps que j’avais envie de découvrir cette auteur. J’ai donc commencé mes vacances avec ce roman.

Alice est une jeune femme doté d’un don assez incroyable, elle peut voir les liens qui unissent les gens. Et ce au sens propre du terme, elle voit réellement des fils lumineux reliant les individus. Le speech de base est prometteur. Mais là vient ma première déception, finalement son don est très peu présent et sous exploité. Alors qu’il y aurait pu y avoir tant de choses intéressantes avec, il est mis très vite au second plan, pour se consacrer uniquement sur le parcours initiatique d’Alice et sa romance.

“J’aimerais parfois retrouver la petite fille que j’étais, la serrer dans mes bras, sans rien dire. Juste lui transmettre tout mon amour”

Deuxième déception, les personnages. Je n’ai pas de soucis pour les personnages antipathiques en général, quand cela sert à l’histoire et que c’est voulu c’est génial. Mais là j’ai trouvé Alice insupportable, égoïste, et méprisante. Elle a un rapport avec ses collègues assez particulier qui ne m’a pas du tout emballé, à la limite de l’asociable qui ne veut pas se mêler aux autres car elles se croit plus important qu’eux. Raphaël, celui qu’elle n’arrive pas à cerner car son don ne fonctionne pas sur lui, est creux et ininteressant, en plus d’être macho. Du coup le duo m’a vite paru détestable, peu crédible et ennuyeux. Et les autres collègues j’en parle même pas tant ils sont transparents, avec aucune personnalité.

« Parfois, on ne réalise pas à quel point ce que l’on tient est précieux et fragile… On le malmène, on l’écrase. C’est seulement lorsque sa possession est partie, laissant les doigts ensanglantés, que l’on prend conscience de sa propre cruauté. De ce que l’on a perdu. »

La narration était interessante au début avec les retours dans son passé, et où on sentait peu à peu l’évolution d’Alice.  Mais après l’auteur y mêle le futur, et cela rend le tout vraiment fouillis, je n’ai pas compris ce choix qui n’apporte rien à l’histoire à part la spoiler …

Pour finir la plume est agréable à lire, mais ne m’a pas non plus transcendé. J’ai parcouru ma lecture avec beaucoup de détachement, sans me sentir vraiment concernée. Pour moi à classer dans les romans vite lus vite oubliés.

 

Ce que j’aime : le passé d’Alice

Ce que j’aime moins : le reste 🙁

Ma note : 03/10

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Boys Don’t Cry | Malorie Blackman

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Editions Milan, collection Macadam

Parution le 19 octobre 2011

320 pages

12,50€

 

 

 

 

Synopsis

Dante attend les résultats de ses examens. Le courrier qui lui ouvrira les portes de l’université. De sa future vie. Celle dont il a toujours rêvé. Mais quand on sonne enfin à la porte, ce n’est pas le facteur, c’est Mélanie. Son ex-copine, dont il n’a plus entendu parler depuis des mois. Avec un bébé. Le sien. Le leur. Etre père à 17 ans? Il y a de quoi pleurer. Mais les garçons ne pleurent jamais…

Mon avis

Ce livre m’intriguait depuis un bout de temps, la paternité est un sujet rarement abordé en littérature, et d’autant plus depuis les yeux d’un adolescent.

Dante a 17 ans, un avenir brillant tout tracé devant lui, mais le jour de ses résultats son ex-copine lui apprend qu’il est père d’une petite Emma de presque un an. Il va se retrouver désemparé, dévasté et en colère devant sa vie qui s’écroule. Une soirée trop arrosée, un oubli, et le voilà devant un cauchemar. Le poids de la responsabilité, les nuits sans sommeil, ses amis qui le laissent tomber, l’université à abandonner, l’argent à trouver, Dante n’avait rien demandé, mais va assumer tant bien que mal aidé de son père et son frère.

“J’avais l’impression d’être le dernier être vivant dans l’univers. Si seul. C’était ce que je ressentais depuis qu’Emma était entrée dans ma vie.”

On va d’ailleurs suivre en parallèle ce petit frère, Adam qui dans une autre mesure va lui aussi faire face à des bouleversements dans sa vie. Cela apporte une autre dimension assez interessante, même si elle aurait gagné à être approfondie.

” J’ai peur d’être père. (…) J’ai peur d’être un mauvais père. (…) Mais surtout, j’ai peur de ce qui arrivera si Mélanie revient et veut récupérer Emma.”

Dante va passer par plusieurs phases, du déni total, à la colère, puis à la résignation. Il est tellement touchant dans son envie de bien faire, on ne peut être qu’attendri. Il y a évidemment des passages plein de bons sentiments, mais c’est jamais trop, c’est très bien dosé. Derrière ses allures de livre adolescent, j’ai trouvé le propos intelligemment abordé. Les moments notamment où Dante et Emma apprennent à se connaitre et s’apprivoisent petit à petit sont émouvants sans virer dans le ridicule chamallow. Dans une certaine mesure (de loin, attention je ne fais de comparatif entre cet oscar et ce livre !!) j’avais l’impression de lire la version ado de Kramer contre Kramer. C’est un des films qui m’avait bouleversé car justement cette question de la paternité est très rarement abordé.  J’aurais peut-être juste voulu qu’elle aille plus loin et creuse encore plus cette relation père fille.

C’était mon premier livre de Malorie Blackman, alors même si le style d’écriture ne m’a pas transcendé, je ne lui ai rien trouvé de particulier, le tout est rythmé et se laisse lire rapidement, en quelques heures c’était bon.

 

Ce que j’aime : le point de vue du père

Ce que j’aime moins : certains points auraient mérités plus de détails et d’approfondissement.

Ma note : 08/10

 

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